L'histoire de la JOC de France
La Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) est née en 1925 en Belgique, sous l’impulsion du père Joseph Cardijn. À cette époque, les conditions de vie et de travail des ouvriers étaient particulièrement dures : longues journées de 10 à 12 heures, salaires dérisoires, absence de protection sociale… Même les enfants étaient considérés comme des travailleurs.
Face à ces injustices, le père Cardijn a posé les bases d’un mouvement d’émancipation et de solidarité pour les jeunes travailleurs. Ses outils ? L’enquête, les rencontres sur la base des « Révisions de Vie » et surtout la méthode du Voir – Juger – Agir, qui reste au cœur de la JOC aujourd’hui.
car il est fils de Dieu "
Et en France ?
Inspiré par le père Cardijn, le père Georges Guérin fonde la JOC en France. Avec Georges Quiclet, jeune aide-comptable de Clichy, il publie un tract intitulé La Jeunesse Ouvrière. Le 1er octobre 1927, une première rencontre rassemble une soixantaine de jeunes à Clichy, marquant la naissance de la JOC française.
Le père Guérin transmet alors la pédagogie du Voir – Juger – Agir, invitant les jeunes ouvriers à réfléchir à leur vie, à se former et à agir. Il a senti que la « Révision de Vie » était l’outil dont les jeunes avaient besoin pour s’organiser et appréhender pleinement les différents domaines de leurs vie (famille, amis, logement, travail, foi…). Le mouvement s’est développé dans un contexte industriel et ouvrier de manière fulgurante. La JOC devint rapidement un mouvement de masse influençant la création d’autres mouvements d’action catholique spécialisés dans l’Église (JEC – étudiants-, JIC – indépendants-, JAC – agricoles -…).
En 1928, ce fut au tour de l’abbé Guérin de transmettre le goût pour la JOC à Jeanne Aubert, une jeune dactylo-facturière. S’étant rapprochée petit à petit des milieux militants et syndicalistes, en rejoignant notamment la CFTC, elle a rencontré les idées de l’abbé Guérin et s’est enthousiasmée pour la création de la JOC en 1927. Dès février 1928, elle a créé la première section de la JOCF (la JOC Féminine). Très rapidement, d’autres sections se sont mises en place en région parisienne. La JOC avait deux structures distinctes : la JOC (masculine) et la JOCF (féminine). Ce n’est qu’en 1987 que les deux JOC fusionnent pour devenir la JOC de France.
Nos dates importantes et nos actions
Création de la JOC en Belgique par le Père Joseph Cardijn
Création de la JOC de France par le Père Georges Guérin
La JOC naît en France à Clichy, autour du Père Guérin avec 4 jeunes travailleurs, un menuisier, un mécanicien, un camionneur et un employé. Ils se retrouvent après le travail, discutent de ce qui fait leur vie… Ils s’interrogent comment leurs situations peuvent changer. Dès janvier 1927 paraît le premier numéro de “La Jeunesse Ouvrière” rédigé par les jeunes travailleurs eux-mêmes.
Création de la JOC Féminine en France par Jeanne Aubert
Jeanne Aubert et Georges Quiclet travaillent dans la même entreprise, Jeanne entre en contact avec des responsables de la JOCF Belge par Georges et le Père Guérin. Jeanne se retrouve avec des copines et découvrent la nécessité de fonder leur mouvement, la JOCF. Le 26 février 1928 a lieu la cérémonie d’affiliation officielle ; en avril 1928 paraît le premier numéro de “La Jeunesse Ouvrière Féminine” rédigé par les jeunes travailleuses elles-mêmes.
Création du premier Centre d’Information Professionnelle
La JOC crée le premier Centre d’Information Professionnelle, qui sera intégré à l’Éducation Nationale, puis au Centre d’information et d’orientation (CIO) en 1972.
Mise en place du premier bureau de placement
La JOC met en place le premier bureau de placement. L’Etat reprendra le principe en 1967 en créant l’ANPE (Agence nationale pour l’emploi) qui deviendra Pôle emploi puis France Travail.
10ème anniversaire de la JOC-JOCF
Le premier grand rassemblement national marquant le 10ème anniversaire de la JOC-JOCF au Parc des Princes à Paris a remporté un franc succès. Préparé par 800 meetings à travers la France, 40000 jocistes approuvent le programme de la JOC-JOCF au Vélodrome d’hiver. 10 ans après sa fondation, la JOC-JOCF vit un dynamisme exceptionnel.
Pendant la Seconde Guerre mondiale
La France est envahie par les nazis en mai 1940. C’est l’occupation, le pays coupé en deux… Les autorités allemandes interdisent les mouvements de jeunesse. Malgré la répression la JOC-JOCF poursuit en zone nord son action dans la clandestinité… Pendant 4 ans a lieu une lutte sournoise entre la JOC et la Gestapo. De nombreux jocistes y laissent leur vie, plusieurs centaines sont déportés ou mobilisés au STO. Le père Guérin sera aussi arrêté en 1943. En zone sud, la JOC-JOCF vit au grand jour. Malgré la guerre, la JOC-JOCF se développe. Les rassemblements du 15e anniversaire en 1942, rassemblent 110 000 jeunes dans 7 villes exprimant la volonté de la jeunesse ouvrière de rester libre.
Après la libération
Lors de la libération, la JOC et la JOCF revendiquent plusieurs propositions pour la formation et l’emploi des jeunes : la scolarité obligatoire jusqu’à 17 ans (finalement définie à 16 ans), l’organisation réfléchie de la formation professionnelle des jeunes, 3 semaines de congés payés pour les jeunes travailleurs, un délégué des jeunes dans chaque entreprise et un statut légal du travailleur.
Convention collective des employées de maison
L’action de la JOCF en faveur des employées de maison débouche sur la signature de leur première convention collective.
Création de l’UFJT
La JOC participe à la création de l’Union des Foyers des Jeunes Travailleurs (UFJT, devenu UNHAJ par la suite).
Création de la CIJOC sous l’impulsion de la JOC de France.
Création des « Relais Jeunes Solidaires »
La JOC crée les « Relais Jeunes Solidaires », lieux d’accueil, d’écoute et de conseils destinés aux 16-30 ans en situation de précarité.
Et plus récemment...
« Apprentis, tous debout ! »
Rencontre nationale « Apprentis tous debout ! » visant à revaloriser leur statut et leur salaire et interpellant les politiques.
Les années d’apprentissages sont comptés dans le calcul des retraites
La JOC obtient, avec ses partenaires, la prise en compte des années d’apprentissage dans le calcul des retraites. Elle continue de revendiquer la fin de la discrimination par l’âge dans le calcul de la rémunération des apprentis.
Participation au livre "En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite"
La JOC obtient le retrait de l’article concernant le travail des apprentis mineurs jusqu’à 60h par semaine dans le projet de loi travail.
La JOC est représentée au Conseil Economique Social et Environnemental (CESE).
La JOC obtient avec ses partenaires la promesse d’une garantie locative universelle en 2017, la clause d’impact jeunesse et l’extension de la garantie jeune.
Création des comités des jeunes privés d’emploi (CJPE).
Rassemblement National des Jeunes Privés d’Emplois Dignes « Nous ne sommes rien ? Soyons tout ! ».
La JOC publie le livre « La vie devant nous, récits de jeunes privé·e·s d’emploi » aux Editions de l’Atelier et en collaboration avec la Coopérative Dire le Travail.
Publication du livre blanc contre les discriminations
Rassemblement National des Militants « Terre à venir : Unis pour le changement ! »
100 ans de la JOC de France
Evolution du mouvement
Depuis les années 1920, la société a bien changé et le monde ouvrier est bien moins visible. Les mutations sociétales ont aussi fait évoluer notre mouvement. La JOC rejoint aujourd’hui les jeunes des quartiers populaires qui, en fait, appartiennent à la « Classe Ouvrière » parfois sans même en avoir conscience. La population active s’est convertie du secteur secondaire vers le secteur tertiaire et la classe ouvrière d’aujourd’hui correspond aux ouvriers et employés réunis. Notre mouvement s’est, certes, adapté aux mutations, il n’a toutefois pas changé de positionnement. Notre ligne directrice reste toujours « Un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde car il est fils de Dieu ». A travers les décennies, la JOC continue d’agir pour une société inclusive, plus juste et plus solidaire, où l’Humain retrouve une place centrale.
Les personnalités qui ont fait la JOC

Le Père Georges Guérin
Fondateur de la JOC, le Père Georges Guérin est une figure emblématique de l'engagement chrétien et ouvrier. Découvrez son histoire.

Jeanne Aubert
En 1927, Jeanne Aubert entre en contact avec des responsables de la JOCF Belge par Georges et le Père Guérin et découvre la nécessité de fonder la JOCF.

Georges Quiclet
Jeune aide comptable à Clichy, Georges Quiclet rencontre le Père Guérin. Il participera à la première rencontre JOC et deviendra le tout premier jociste.